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EGLISE PROTESTANTE UNIE DE VOIRON

Culte : Les Actes des Apôtres ch 8 v 5 à 25

Dimanche 17 Mai 2020

 

Ce curieux événement comporte plusieurs enseignements :

  • C’est le premier chapitre de l’histoire des missions
  • L’Évangile sort de Jérusalem à cause de la persécution
  • Les diacres ne sont pas que des administrateurs des tables
  • Le diacre Philip est le premier présenté ici en mission.
  • Enfin l’histoire de Simon le magicien
  • Simon de la malédiction à la Grâce

Le récit que nous avons lu est un récit de mission.

 Philippe fuit la ville de Jérusalem qui persécute les chrétiens.  Il ne s’agit pas encore d’aller aux extrémités de la terre, mais en Samarie, toute proche.  En Samarie, vivent des juifs aussi, mais des juifs dont les autres disent d’eux qu’ils sont à moitié païens,  en tous les cas, quoiqu’ils en soient,  ils ne sont pas des non croyants. Et Comme tous les juifs eux aussi attendent le messie.

Cette mission en Samarie, Philippe ne l’a pas choisie, il n’est même pas envoyé par son Église ; c’est parce qu’en Judée la persécution des chrétiens était grande, que s’est retrouvé sur  la terre de mission de  Simon le mage. Une terre où il va rencontrer une autre frontière bien plus subtile, que le servic des tables..

Avant de le juger la magie ou  les mages, souvenons nous que l’Évangile commence avec des mages, on les appelle parfois astrologues, on en a fait des rois.  En tous les cas, ces mages qui suivent l’étoile qui les mènent au Christ jouent un rôle dans l’histoire de la Bible

Avant de juger la magie ou les mages interrogeons-nous comment nous réagissons.

Au verset 9 nous découvrons un nommé Simon qui se trouvait dans la ville, qui occupait le terrain avant l’arrivée de Philippe. Car cet homme exerçait la magie et stupéfiait le peuple. Ce verbe se retrouve dans l’attitude de la foule à la Pentecôte ou après  la guérison de l’infirme à la Belle Porte. Le récit évoque une concurrence entre les signes que produisaient Philippe et Simon le magicien. Simon se disait quelqu’un de grand, ce qui le situe à l’inverse de l’Évangile pour qui celui qui est le plus petit parmi vous tous, c’est celui-là qui est grand (Luc 9.48).Rappelons-nous : la vraie grandeur ne situe pas dans la stupéfaction des foules, mais dans le service du prochain.

Peut-être avons-nous  vécu dans des rencontres, et entendus  des paroles de connaissances, assister à des guérisons ou des délivrances mais ce qui est important le signe est là pour nous rapprocher de la parole et devenir disciple du Christ et ne pas rester spectateur.

La prière n’est jamais un acte magique, mais une démarche dans la foi, que l’on soit dans la joie, la tristesse, la dépression ou le deuil. La frontière entre foi et pensée magique est-elle réservée aux autres, aux samaritains, aux semi païens… D’ailleurs le livre des actes des apôtres fait la part belle au merveilleux.

Quand La mission de Philippe  croise celle de Simon, Une concurrence  s’installe entre les miracles de l’un et la magie de l’autre. Mais Bien qu’étant Exilé, étranger, et bien que Simon le précède en Samarie, soit là avant lui, reconnu de tous pour sa grandeur quasi divine, Philippe réussit à faire entendre la parole, la parole de Dieu.

 Et il réussit à la faire entendre comme une Bonne nouvelle !   «  Ceux qui avaient été dispersés annonçaient la parole comme une Bonne Nouvelle »

Alors Les gens s’attachent à son message,  car  il y a dans cette bonnes nouvelles,   des choses assez extraordinaires qui se passent. En tous les cas, la joie est grande !  La joie est suffisamment grande et manifeste pour que le récit y fasse allusion. Toute la ville en est remplie.

La joie qui touche toute la ville  devient même plus grande que la fascination pour ce qui parait si facile, si attirant chez Simon, le grand magicien. Même Simon est touché.

 A Bethleem des mages très savants  s’agenouillent pleins de joie, devant un enfant.

En Samarie un mage aussi s’abaisse, saisi par la même joie de découvrir la Grâce de Dieu.

 

C’est ainsi qu’est annoncé la venue de Dieu parmi les hommes. Comme une joie capable d’ouvrir les chemins les plus inattendus, partout.

Il y a vraiment quelque chose de grand dans cet évènement qui se passe en Samarie..

Il ya Quelque chose qui rappelle les commencements de l’Évangile, avec ces mages et ces miracles qui accomplissent les prophéties, beaucoup d’infirmes et de paralytiques sont guéris, c’est le signe des temps messianiques, du temps de Dieu parmi les hommes.

Retenons,il y a quelque chose de grand dans cette mission qui ne tient pas à la grandeur des paroles ou des actes, mais à la grandeur de proclamer le Christ ressuscité..

Tout ce récit s’articule autour du mot grandeur qui revient au moins cinq fois : D’abord, la grandeur de la persécution qui veut arrêter cette Parole. Puis Quand Philippe arrive en Samarie, la grandeur  de Simon est bien établie, du plus petit jusqu’au plus grand on entend dire de lui qu’il est grand, d’une grande puissance, quasi divine.  Puis vient cette  grande joie parmi le peuple, d’entendre cette bonne hier comme aujourd’hui.

Et c’est là que l’histoire change de camp. La joie emporte tout. La joie est la plus grande des forces. C’est elle qui arrache les hommes à la magie, l’illusion de conduire sa vie hors des réalités du monde. Le miracle dans tout cela, c’est peut-être qu’il y ait une grande joie possible malgré les persécutions, des persécutions aussi grandes soient elles qui ne peuvent rien contre la Parole, qui ne peuvent éteindre le feu de ce message d’amour ; le miracle est dans cette grande joie qui unit les hommes dans un commun accord.  Dans la joie nait la parole entendue, même si tout semble contraire, pour venir contrarier l’annonce de la Parole, hier et aujourd’hui la joie demeure.

Une frontière est franchie par Philippe, dont la prédication a surpassé les superstitions, les « super puissances » comme dirait Paul. Et rien n’est impossible à Dieu, car même Simon se place sous la prière pour échapper aux  paroles de malédiction prononcées par les disciples et se convertir.

C’est cela le miracle de l’Évangile

. L’évènement de la présence de Dieu dans nos vies. Que rien ne peut égaler, ni surpasser. Il y a de la grandeur à croire en cette parole, et de la joie.une joie imprenable

Oui il y a de la grandeur à croire et de la joie à le vivre et en témoigner.

Amen

Pierre